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Paysages et milieux naturels

La majorité des habitats présents sur les Marais du Vigueirat sont des habitats humides typiques des paysages camarguais se développant dans des conditions halophiles : steppes salées méditerranéennes, végétations pionnières à Salicornia, prés salés méditerranéens… Directement dépendants des conditions hydriques du milieu, ils sont particulièrement sensibles aux modifications hydrologiques et aux variations de salinité pouvant être liées à des opérations de gestion (mises en eau, assèchement). De plus, ils sont généralement très sensibles au piétinement. Ce dernier peut être causé sur le site principalement par du surpâturage. Ces habitats tolèrent néanmoins un pâturage extensif, qui leur est généralement favorable afin de maintenir ces habitats ouverts.

Sansouires

Sansouires

Les végétations pionnières à Salicornia des zones sableuses sont composées d’une végétation annuelle herbacée, en particulier de Salicornes, mais aussi de Soudes et de graminées. Ces plantes colonisent les vases et sables inondés des berges d’étangs saumâtres. Le développement de cet habitat atteint son optimum durant la période estivale. Sur le site, il se rencontre sur l’ensemble des secteurs sous la déclinaison de Pelouses rases à petites annuelles subhalophiles.

Les habitats aquatiques d’intérêt communautaire sont majoritairement représentés par des eaux oligo-mésotrophes calcaires et des eaux eutrophes à Magnopotamion ou Hydrocharition. Ce dernier habitat est particulièrement menacé par la prolifération des Jussies Ludwigia grandiflora et Ludwigia peploides, originaires d’Amérique du Sud et introduites en France au début du XIXème siècle comme plantes d’ornement.

Phragmitaie

Phragmitaie

Les marais calcaires à Cladium mariscus sont quant à eux généralement sensibles à une fermeture du milieu (fauche ou un pâturage extensif nécessaires). Cet habitat est très peu représenté et uniquement en association avec les phragmitaies.

Les phragmitaies occupent plus de 200 ha sur le site ce qui en fait la plus grande roselière protégée de Camargue. Constituées de Phragmites australis et presque toujours mono spécifiques, les phragmitaies constituent un habitat privilégié pour de nombreuses espèces animales à fort enjeu sur le site telles que le Butor étoilé Bautorus stellaris, le Héron pourpré Ardea purpurea ou encore les passereaux paludicoles tels que la Lusciniole à moustaches Acrocephalus melanopogon.

Les gazons méditerranéens et habitats de mares temporaires méditerranéennes sont très localisés et souvent sur de faibles surfaces, sont particulièrement sensibles aux modifications hydrologiques hors variations naturelles ainsi qu’à la pollution de l’eau. Ces habitats nécessitent souvent un pâturage extensif modéré afin de limiter la progression de ligneux, d’espèces exotiques et d’herbacées vivaces compétitrices.

Prairie humide

Prairie humide

Les prairies humides méditerranéennes ont fortement régressé dans le secteur suite au développement du complexe industrialo portuaire de Fos-sur-Mer. Cet habitat est rare sur le site et est menacé par la présence de plantes invasives (Jussies, Séneçon en arbre ou encore Herbe de la Pampa) et par une extension des Roseaux pouvant entraîner une perte de diversité floristique. Un pâturage extensif, avec une faible pression afin d’éviter le piétinement, ou un fauchage adapté peuvent permettre de lutter contre la colonisation de l’habitat par ces espèces compétitrices.

Fermeture des zones sèches par le jonc maritime

Fermeture des zones sèches par le jonc maritime

Les habitats de pelouses sèches, représentés aux Marais du Vigueirat par des parcours substeppiques de graminées et annuelles, sont relativement peu présents sur le site mais possèdent une forte valeur patrimoniale. La fermeture du milieu, évolution naturelle de ces habitats en l’absence de perturbation, constitue la principale menace de ces milieux ouverts sur le site. La forte régression du Lapin de Garenne, herbivore, observée depuis une quinzaine d’années est à l’origine d’un embroussaillement du milieu.

Les habitats dunaires présents au Cassaïre sont des milieux en régression générale à l’aire de répartition restreinte. Ces milieux sableux sont particulièrement sensibles à l’érosion, au piétinement et à l’eutrophisation. Un pâturage extensif peut leur être favorable.

Ripisylve

Ripisylve

Les habitats forestiers sont présents sur le site sous la forme de petits bois ou de ripisylve, notamment le long du Canal du Vigueirat ou en bordure des marais. Les habitats communautaires sont essentiellement représentés par des forêts-galeries à Salix alba et Populus alba et des galeries riveraines à Tamaris. Ces peuplements sont également sensibles à l’introduction d’espèces allochtones, avec notamment la présence du Faux-Indigo Amorpha fruticosa qui a colonisé les berges du Canal d’Arles à Bouc depuis une dizaine d’années. Originaire d’Amérique du Nord, cette espèce a été introduite en France au XVIIIème siècle comme plante ornementale et signalée comme abondante en Camargue dès 1928 dans les forêts alluviales.

L’ensemble des habitats prioritaires et d’intérêt communautaire a fait l’objet d’une hiérarchisation des enjeux sur le site suivant une méthode unique pour les habitats, la faune et la flore, élaborée par la Tour du Valat. Cette dernière a été mise en œuvre dès 2007 dans le plan de gestion du domaine de la Tour du Valat 2007-2010 dont une partie est classée en réserve naturelle régionale puis affinée quant aux critères utilisés dans le dernier plan de gestion 2011-2015. Cette hiérarchisation vise ainsi, par le croisement de six critères (intérêt patrimonial, représentativité de la population du site, état de conservation global, état de conservation sur le site, le caractère irréversible et l’importance de la Camargue) à identifier les habitats et les espèces présentant un fort enjeu sur le site et pour lesquels les Marais du Vigueirat présentent une forte responsabilité pour leur conservation.