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Antoine Valette, 19 ans, Camarguais passionné

Je m’appelle Antoine, j’ai 19 ans. Je viens de réaliser un service civique de 10 mois au sein de la réserve naturelle des Marais du Vigueirat. Ma principale mission était d’animer des visites en calèche. J’ai fais ce volontariat car mes études dans les équipements agricoles ne me plaisaient pas. Etant un pur produit de la région et aimant les taureaux, l’apéro et  la nature, ce service civique est une belle opportunité pour m’épanouir dans un milieu que j’apprécie.

Dans le cadre de ma mission d’animateur nature en calèche au cœur de la réserve naturelle nationale des Marais du Vigueirat, j’ai eu l’occasion de participer à des journées Camarguaises organisées sur le site en collaboration avec la manade Guillaume Vallat.

En plus de la visite habituelle durant laquelle je fais découvrir le patrimoine naturel et culturel de la Camargue et de la réserve, j’ai eu l’occasion de mettre l’accent sur les traditions camarguaises, qui habitant la région depuis ma plus tendre enfance, me tiennent à cœur. Après une présentation rapide des marais, nous voilà partis pour six kilomètres pendant deux heures de balade, sur la digue au milieu des marais.

Dans un premier temps, je décris la cabane de gardian, une maison traditionnelle de l’époque, encore retrouvée de nos jours dans cette région. Cette petite maison, constituée uniquement de roseaux témoigne l’attachement patrimonial des habitants de la région à l’histoire et aux traditions. Ensuite nous montons sur la digue qui longe la plus grande roselière protégée de Camargue. Sur notre route, nous rencontrons au gré des sorties, de nombreux oiseaux et des troupeaux de chevaux et de taureaux. Cette immersion entourée de nature et ses milieux diversifiés, nous permet de comprendre l’histoire naturelle de la Camargue et donc la provenance des traditions d’élevage pratiquées aujourd’hui.

Nous arrivons bientôt à hauteur de l’éleveur qui nous attend accompagné de ses gardians sur leurs chevaux de race Camargue. C’est l’occasion d’admirer leurs tenues traditionnelles mais aussi l’harnachement spécial aux gardians composé entre autres d’une selle Camargue, une selle de travail souvent faite sur mesure afin de bien maintenir le cavalier ainsi que des étriers en fer fermés sur le devant, pour éviter d’avoir le pied bloqué dedans.

L’éleveur fait une démonstration de tri du bétail à cheval avec ses gardians. Cette activité quotidienne, démontre la maniabilité du cheval Camargue, qualité indispensable pour le gardian. Cela permet aussi de présenter le cheval Camargue : un petit cheval blanc adapté à la région et à son climat rude, vivant en extérieur toute l’année. C’est un cheval très polyvalent et ayant le « pied sûr », qui permet donc au gardian de mener son troupeau en toute confiance, une confiance absolue dans les deux sens.

L’éleveur en profite pour présenter son travail : élever de taureaux permet de participer à d’autres traditions culturelles très présentes dans la région :
L’abrivado : tradition dans la rue qui permettait autrefois de mener les taureaux des prés aux arènes pour participer à la course camarguaise. Aujourd’hui, on utilise des camions, mais cette tradition demeure toujours présente. (abrivado viens du mot arriver)
La course camarguaise : Tradition effectuée dans une arène ou le raseteur, muni d’un crochet, doit lever des attributs (cocarde, glands, ficelles) placés sur la tête du taureau afin de gagner des points et de l’argent. Contrairement à la corrida le taureau n’est pas mis a mort et retournera aux prés le soir.
La bandido : elle a lieu dans la rue. Même principe que l’abrivado mais sur le chemin du retour des arènes aux prés. (bandido viens du mot bandir qui lignifie retour, lâcher).

L’éleveur fini sa démonstration en répondants aux nombreuses questions des visiteurs sur ces différences traditions.
Ces journées m’ont permis de faire découvrir concrètement les traditions et la Camargue au public désirant mieux connaître la culture. Cela a également permit d’expliquer la réelle différence entre la corrida et les courses camarguaises, deux mondes totalement différents et souvent mélangés. J’ai pu aussi présenter l’importance des traditions aux yeux des camarguais qui espèrent les voir perdurer encore longtemps.