Observé récemment sur les sentiers de l’Étourneau, le Circaète Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus) fait partie des grands rapaces qui animent le ciel de la réserve naturelle des Marais du Vigueirat.
C’est un moment rare que les visiteurs des sentiers de l’Étourneau ont pu vivre : l’observation d’un Circaète Jean-le-Blanc en vol, planant lentement à la recherche de sa proie. Un spectacle saisissant qui mérite que l’on s’attarde sur ce rapace aussi impressionnant que discret.
Un rapace de grande taille
Le Circaète Jean-le-Blanc est un rapace diurne de taille imposante, proche des plus petits aigles royaux. Il mesure de 60 à 70 cm de longueur pour une envergure comprise entre 1,70 et 1,90 mètre. Son poids varie de 1,2 à 2,3 kg selon le sexe.
Son allure générale évoque davantage une grande buse qu’un aigle. Au posé, il se reconnaît à sa grosse tête ronde disproportionnée, ses grands yeux jaune or et son bec crochu, une tête qui rappelle celle d’un rapace nocturne. Le dessus de son plumage est brun clair, contrastant avec le bout des ailes plus sombre, tandis que le dessous est blanc parsemé de taches beiges, avec un plastron brun sur la poitrine. Sa queue est barrée de trois bandes noires bien séparées.
Un spécialiste des serpents
La particularité du Circaète Jean-le-Blanc réside dans son régime alimentaire très spécialisé, composé presque exclusivement de reptiles. Les serpents représentent 70 à 96% de ses proies, notamment les couleuvres qu’il affectionne particulièrement — complétés par des lézards et, plus rarement, des micro-mammifères ou des amphibiens. C’est ce régime qui le pousse à fréquenter les milieux ouverts et ensoleillés riches en reptiles : pelouses sèches, garrigues, friches et zones humides.
En chasse, il pratique régulièrement le vol surplace, guettant patiemment sa proie avant de fondre sur elle.
Un migrateur de retour au printemps
Le Circaète Jean-le-Blanc est un rapace migrateur qui passe l’hiver en Afrique sahélienne et subsaharienne. Il revient en France de fin février à fin mars pour nicher. En Europe, il n’occupe que les régions d’influence méridionale et, en France, les deux tiers sud du pays. La population française est estimée entre 2 500 et 3 300 couples, en augmentation modérée depuis une vingtaine d’années.
Aux Marais du Vigueirat, il figure parmi les espèces estivantes de la réserve, qui s’étend sur 1 200 hectares à la jonction de deux écosystèmes remarquables. L’observer sur les sentiers de l’Étourneau est une invitation à lever les yeux et à apprécier la richesse de la biodiversité camarguaise.


