Ouvrir les milieux pour préserver les marais de demain

Aux Marais du Vigueirat, l’automne 2026 6 a de nouveau résonné au rythme des chantiers d’ouverture des milieux. Dans le cadre de la convention Nature 2050, portée par les Amis des Marais du Vigueirat avec le soutien du Fonds MAIF pour le vivant et du Fonds Nature 2050, les prestataires ont poursuivi l’arrachage et la coupe de tamaris, de frênes et d’autres végétaux qui tendent à refermer les milieux humides.

Loin d’un simple défrichage, ces interventions répondent à un enjeu écologique précis : préserver la mosaïque de milieux qui fait la richesse du site, mares, roselières, sansouires, prairies humides et boisements, dans un contexte de réchauffement climatique et d’évolution rapide des paysages.

Pourquoi intervenir sur les tamaris ?

Le tamaris, s’il fait partie des paysages camarguais, peut se développer de manière dense au bord des mares et dans les zones humides. Ses rejets et sa croissance progressive contribuent à la fermeture des milieux : l’eau s’ombrage, la végétation basse recule, et les habitats recherchés par de nombreuses espèces se réduisent.

En coupant ou en arrachant certains tamaris, les gestionnaires maintiennent des zones ouvertes et lumineuses, indispensables à la vie des marais. Ces espaces accueillent notamment une avifaune remarquable : les Marais du Vigueirat comptent plus de 300 espèces d’oiseaux observées, dont de nombreuses espèces nicheuses et hivernantes.

Le frêne fait l’objet d’une gestion similaire lorsqu’il colonise des secteurs qui doivent conserver leur caractère humide et ouvert. L’objectif n’est pas d’éliminer systématiquement ces essences, mais de contenir leur progression là où elle fragilise les habitats remarquables du site.

Arrachage de tamaris aux Marais du Vigueirat

Une gestion raisonnée, pensée pour la biodiversité

Ces travaux s’inscrivent dans le programme d’actions de la convention Nature 2050, qui vise à maintenir la diversité écologique des Marais, à renforcer la résilience du site face au changement climatique et à préserver sa richesse biologique.

Ils complètent d’autres chantiers menés sur le site : remise en état des ouvrages hydrauliques, régulation du séneçon en arbre, espèce exotique envahissante, et aménagements favorables à la nidification des laro-limicoles coloniaux. Ensemble, ces actions permettent de retrouver un fonctionnement hydraulique et écologique plus favorable aux zones humides méditerranéennes.

Des chantiers engagés depuis 2024

Les premiers travaux d’ouverture des milieux ont été menés dès août 2024, avec des coupes ciblées de tamaris, de frêne, de joncs piquants et de séneçon en arbre sur plusieurs secteurs. De nouvelles opérations ont été réalisées en 2025, puis en 2026, afin de poursuivre la restauration des parcelles et d’éviter leur refermeture.

En 2026, la poursuite de ces chantiers confirme la dimension durable du projet : il ne s’agit pas d’une intervention ponctuelle, mais d’une gestion dans la durée, adaptée à l’évolution des milieux et aux effets du climat. Le programme Nature 2050 prévoit d’ailleurs un suivi des indicateurs jusqu’en 2050.

Des paysages ouverts, des milieux vivants

En ouvrant progressivement certains secteurs, les équipes redonnent de l’espace à l’eau, à la lumière et aux espèces qui dépendent des milieux humides. Ces chantiers rappellent une évidence : préserver la biodiversité, c’est aussi savoir intervenir au bon moment, au bon endroit et avec mesure. Aux Marais du Vigueirat, chaque coupe de tamaris participe à un même objectif : laisser aux marais la place de respirer, de s’étendre et d’accueillir la vie.